Mythologie, conscience humaine et symbolisme astrologique dans l’Astrologie Structurale
Cet article traite de la mythologie comme source de la pensée des anciens et base du symbolisme astrologique, ainsi que de la manière dont l’Astrologie Structurale s’en empare.
Il sera question :
- de la symbolique des planètes,
- de la symbolique de l’avènement de la conscience individuelle dans l’humanité,
- de la symbolique de l’avènement de la psyché individuelle.
La mythologie : mémoire symbolique de l’humanité
La mythologie est la trace du religieux, c’est-à-dire la manière dont l’humanité a envisagé la divinité au cours des âges.
Chaque strate des différentes mythologies (mésopotamienne, égyptienne, grecque) pour ne parler que de notre culture occidentale méditerranéenne, berceau de notre astrologie, décrit une étape d’évolution de la société.
Toutes les légendes mettent en scène des personnages différents qui sont finalement les représentants des plans de conscience successifs parcourus par l’humanité.
Ce cheminement collectif est, de façon fractale, le même que celui de l’individu dont la conscience se construit par niveaux qui s’ajoutent les uns aux autres depuis la naissance.
Les divinités mythologiques sont donc des représentations d’instances de conscience. Comme l’explique Pierre Solié, l’ontogenèse prend modèle sur la phylogenèse.
La mythologie permet la compréhension de l’Astrologie et son intégration dans quelque chose de plus vaste : l’accession à la conscience de l’humanité.
Les mythes comme étapes de l’évolution de la conscience
Il aura fallu des millions d’années pour construire une conscience individuelle.
Dumuzi, Gilgamesh, Zeus, le Christ, sont tous des Enfants de Lumière, fils de la Déesse mais pas à la même époque. Ce sont des niveaux de conscience différents, mais même archétype, mêmes étapes de conscience.
On se rend compte que la même vérité universelle prend des formes différentes en fonction de l’étape de la civilisation qui raconte telle histoire, en ajoutant un petit morceau à chaque récit, trace de l’évolution de la conscience de l’humanité au cours du temps.
Après un long chemin dans les méandres du paléolithique, à travers des systèmes sociaux différents, l’humanité, à l’issue du néolithique, a conquis l’accès à la conscience individuelle.
L’évolution de la représentation de la divinité, mise en parallèle des courants sociétaux et politiques, nous raconte ce cheminement.
Tout se tient.
Le Christ et l’avènement de la conscience individuelle
Le message du Christ, c’est que l’on peut se passer des Dieux et de leur représentation matérielle, que l’on peut être en contact direct avec la divinité.
C’est l’accession à la conscience individuelle.
Il a dérangé l’ordre établi dans le monde de la fin du néolithique et cela lui a coûté la vie.
Mais cela n’était même pas envisageable auparavant, à Sumer par exemple.
La mythologie raconte donc ce qui s’est joué dans l’humanité depuis sa “naissance” et ce qui se joue à l’intérieur de nous depuis que l’on est bébé.
Astrologie et généalogie des Dieux
L’Astrologie parle des Dieux : Mars, Vénus, Jupiter…
Et les Dieux sont des représentations symboliques d’instances de conscience.
La généalogie des Dieux est la même chose que notre généalogie personnelle.
Les premières cosmogonies connues de l’humanité proviennent des premières civilisations ayant laissé des textes.
Ces récits apparaissent principalement entre 3000 et 700 av. J.-C., mais ils reposent probablement sur des traditions orales beaucoup plus anciennes.
Malgré les différences culturelles, elles sont toutes basées sur des structures archétypales communes telles que :
- l’océan ou le chaos primordial,
- la séparation du ciel et de la terre,
- le combat contre le chaos,
- le sacrifice primordial du Dieu,
- l’apparition de l’ordre.
La mythologie grecque et la naissance du sujet
La mythologie grecque, la dernière en date, raconte l’émergence de la conscience individuelle.
C’est Ouranos qui, après la parthénogénèse de Gaïa, engendre des enfants qui resteront dans le ventre de leur mère.
Cronos qui, à l’instar de Marduk à Babylone avant lui, s’opposera à la Déesse et les libèrera.
Ouvrant ainsi la voie à Zeus qui, parce qu’il a été séparé de sa mère, deviendra celui qui mettra au monde des dieux et demi-dieux (mortels donc) dont la conscience va progressivement se développer.
Hercule, par exemple, nous guide à travers ses douze travaux dans les méandres de cet avènement de la conscience individuelle jusqu’à sa libération finale par le feu de la foudre, symbole de son accession à un autre niveau.
L’histoire de Démeter et Perséphone (Proserpine en latin) nous raconte la transformation de la jeune fille en femme quand elle quitte sa mère pour l’univers de l’homme qui la fera femme.
Pendant ce temps à Éleusis, Hermès enseigne aux hommes leur future fonction de guides spirituels.
La conscience de l’humanité est en route.
La première hiérogamie : du cosmos à la naissance humaine
Mircea Eliade dit : « Le mariage du Ciel et de la Terre est la première hiérogamie. Les Dieux se hâteront de la répéter et les hommes, à leur tour, l’imiteront avec la même gravité sacrée avec laquelle ils imitent tout geste accompli à l’aurore des temps. »
La première hiérogamie pour chacun d’entre nous est la rencontre de nos parents et notre naissance en est la matérialisation.
Le thème astral est celui de notre naissance.
Il représente la conscience de l’individu et ses différentes étapes d’évolution personnelle.
Lors de la consultation, on ne sait à quelle étape est le consultant, mais on sait qu’il répète les étapes de l’humanité.
Lire le thème natal comme un chemin de conscience
Lire un thème avec cette conscience-là, c’est faire le lien entre :
- les niveaux de développement de la planète,
- le cheminement de la conscience de l’humanité,
- les niveaux d’évolution de l’individu.
C’est pratiquer une astrologie profondément humaine dont l’objectif est le devenir de l’individu et non la divination d’un état d’être dont personne ne peut savoir ce qu’il sera.
C’est traiter l’individu en sujet et non en objet dans un monde d’objets dont on connait le parcours soumis au destin et tracé dans le marbre.
Conclusion : “Deviens ce que tu es”
Avec Pindare, poète grec du Vème siècle avant J.-C., nous pourrons alors dire à celui qui vient demander conseil à l’astrologue : « Deviens ce que tu es. »