Comment aimons-nous ? La question paraît simple. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’on commence à regarder ce qui se passe réellement dans une relation.
Nous n’avons pas tous besoin des mêmes choses pour que le sentiment amoureux puisse naître et surtout se développer. Certains ont besoin de temps. D’autres de mouvement, d’intensité, de sécurité, de dialogue, d’admiration ou encore d’un espace de liberté suffisamment important pour ne pas avoir l’impression de disparaître dans la relation.
C’est précisément à cet endroit que Vénus devient intéressante dans un thème natal.
En astrologie, Vénus est bien sûr associée à l’amour, à l’attirance et au lien. Mais réduire sa fonction à la question sentimentale serait un peu court. Sa position permet notamment d’interroger ce à quoi nous accordons de la valeur et les conditions dans lesquelles nous pouvons nous ouvrir à l’autre.
Féminin et masculin
Vénus c’est la sexualité féminine, Mais aussi image de soi et sentiment, la manière d’aimer.
Chez la femme le sentiment est associé à la sexualité, l’un n’existe pas sans l’autre, le sentiment ouvre la sexualité et vice versa. Ce n’est pas le cas chez l’homme. Sa sexualité est en dehors de tout sentiment. Il n’a pas besoin de sentiment pour faire l’amour, il en a même peur. C’est une des grandes causes d’incompréhension entre l’homme et la femme.
Dans le thème d’un homme, Vénus représente donc également sa manière d’aimer, mais aussi ce qu’il attend inconsciemment de la sexualité féminine. C’est son propre pôle féminin qu’il va rechercher dans la femme. C’est son propre féminin qu’il aura la chance de trouver s’il y est autorisé.
Bien plus que la sexualité masculine, la sexualité féminine est un sujet d’actualité. Notre société, notre culture entière est en train de remettre en question la façon dont le patriarcat à organisé les rôles de la femme et de l’homme depuis la seconde moitié du néolithique.
Jusqu’il y a très peu de temps, le féminin était indissociable du maternel car faire l’amour conduisait fatalement, dans la plupart des cas, à avoir un enfant. Depuis les années 70, la contraception a permis de faire la distinction entre le féminin et le maternel qui se superposaient jusque-là,
En astrologie le féminin c’est Vénus, le maternel c’est la Lune.
La grande mutation actuelle est l’émergence de la conscience du féminin, le clivage entre le maternel et le féminin. Elle est liée à des structures familiales chamboulées, recomposées, dans lesquelles la femme de la maison n’est plus nécessairement la mère de l’enfant.
La famille recomposée devient le modèle familial dominant.
La société actuelle a poussé au paroxysme la notion d’individu, d’égoïsme qui pour la femme, devient totalement impossible à partir du moment où elle a un enfant.
L’astrologie millénaire a associé l’amour et le féminin dans le même symbole. Et ce symbole représente chez une femme la manière de s’ouvrir, le contexte nécessaire pour se sentir disponible.
L’astrologie nous enseigne que les femmes ne se ressemblent pas en nature. Il y a 12 catégories d’expressions du féminin.
Accepter d’être qui nous sommes, c’est accepter de quitter les moules, les images qui nous formatent. Le féminin est la cible privilégiée de ces images et toute femme est invitée à se conformer à certains standards et particulièrement la sexualité.
Cette sexualité a été contrainte pendant 3800 ans. Dans la psyché féminine a été induite à son insu un postulat : « Ma fille tu ne dois pas être toi-même, tu dois te conformer à ce que veut l’homme ».
L’astrologie nous dit que quand nous ne nous conformons pas à notre nature, nous tombons malades.
Ici, il s’agit de maladie des attributs sexuels féminins : les seins, les organes génitaux. Le cancer du sein et autres maladies des organes génitaux féminin est en augmentation car la pression culturelle impose aux femmes de ne pas être conforme à leur nature à elles, mais à une image véhiculée par l’école d’abord : comment un garçon doit se comporter avec une fille, comment la considérer, comment le garçon doit se comporter avec la sexualité de la fille, car lui, IL SAIT, pas elle.
Mais le paradigme se fissure, le monde de demain est en route.
La position de Vénus en signe donne ainsi une première indication sur notre manière d’aimer. Une première indication seulement. Parce qu’un thème natal n’est jamais une addition de petites définitions indépendantes les unes des autres.
Vénus en astrologie : une manière particulière d’entrer dans la relation
Nous avons tous une histoire personnelle, une éducation, des expériences heureuses ou malheureuses qui ont participé à construire notre rapport à l’amour. Mais cela n’explique pas tout.
L’Astrologie Structurale pose également l’existence d’une nature première. Dans cette perspective, la position de Vénus au moment de la naissance permet d’approcher une disposition fondamentale de notre vie affective.
Cela ne signifie pas que nous allons systématiquement nous comporter conformément à notre Vénus. Cette disposition peut être facilement vécue et reconnue. Elle peut également avoir été contrariée par l’histoire personnelle, l’éducation ou certaines expériences relationnelles. Elle peut même être suffisamment enfouie pour que la personne ait l’impression de fonctionner exactement à l’opposé.
Elle demeure néanmoins comme une orientation de fond.
C’est pour cette raison que connaître sa Vénus en astrologie est intéressant. Non pour découvrir une nouvelle étiquette à coller sur sa personnalité, mais pour observer ce dont nous avons profondément besoin dans la relation.
L’Astrologie permet de nommer ce qui est LÀ en nous et fonctionne tout seul. Elle le met à la conscience.
Pourquoi le signe de Vénus ne raconte pas toute votre vie amoureuse
Avant de parcourir les douze signes, une précaution s’impose. Deux personnes ayant Vénus dans le même signe ne vivent évidemment pas la même vie sentimentale.
La maison dans laquelle se trouve Vénus, les aspects qu’elle forme avec les autres planètes et plus généralement la structure du thème peuvent modifier considérablement son expression. C’est même indispensable à comprendre.
Dire « j’ai Vénus en Scorpion » n’est donc jamais une interprétation complète. Cela donne une structure de départ qu’il faudra ensuite replacer dans l’ensemble du thème natal.
Gardons cela en tête avant d’aller plus loin.
Vénus en Bélier : aimer dans l’élan
C’est une Vénus de feu qui supporte assez mal les détours interminables en amour. Il faut qu’il se passe quelque chose.
La rencontre, le désir, l’intérêt pour l’autre peuvent prendre la forme d’un mouvement très spontané. Lorsqu’une personne plaît, l’envie d’aller vers elle peut être immédiate. L’élan est fougueux et l’incertitude prolongée beaucoup moins séduisante.
La conquête elle-même peut participer au désir. Ce qui résiste un peu stimule. Ce qui résiste indéfiniment finit par lasser.
Cette manière d’aimer a besoin d’intensité et de renouvellement. Elle peut être extrêmement vivante, généreuse dans son élan, mais elle rencontre une difficulté lorsque l’excitation du commencement disparaît. Une relation ne peut évidemment pas rester éternellement dans ses premiers jours.
C’est alors toute la question de Vénus en Bélier : comment préserver le vivant sans avoir besoin de recréer constamment une nouvelle conquête ?
Derrière l’assurance apparente peut également se cacher une véritable vulnérabilité affective. Une remarque, un rejet ou l’impression de ne plus être désiré peut être vécu beaucoup plus fortement qu’il n’y paraît.
L’intensité amoureuse devient parfois une manière de rassurer cette insécurité. Il faut alors toujours davantage de signes que quelque chose brûle encore.
Le chemin consiste peut-être à découvrir que l’amour peut rester vivant sans être constamment remis en danger.
Vénus en Taureau : l’amour se construit
Avec Vénus en Taureau, nous sommes à l’opposé. Le sentiment a besoin de temps. Point de coup de foudre ici, il faudra multiplier les rencontres pour créer la confiance.
L’amour ne se décrète pas au premier regard. Il se vérifie. La répétition des rencontres, la fiabilité de l’autre, la continuité de ses comportements permettent progressivement au sentiment de prendre corps. Et le mot « corps » a son importance.
Pour Vénus en Taureau, l’amour ne peut pas rester une belle idée. Les paroles ont leur valeur, mais elles doivent trouver une traduction concrète.
Une présence. Un geste. Une attention. Un contact physique. Quelque chose qui prouve que ce qui est dit existe réellement, que la relation est stable et durable.
Lorsque la confiance est installée, l’investissement peut devenir considérable. La relation se construit pierre après pierre et l’on cherche naturellement à consolider ce qui existe déjà.
Mais ce besoin de continuité possède son revers.
Lorsque beaucoup a été investi, renoncer devient particulièrement difficile. On peut continuer à protéger une relation simplement parce qu’elle existe depuis longtemps. L’attachement peut alors glisser vers la possessivité ou la peur de perdre ce que l’on a patiemment construit.
L’homme ayant Vénus en Taureau sera attiré par des femmes au physique épanoui, gourmande et sensuelle proches de la nature
Toute la question devient donc : est-ce que je protège encore l’amour ou seulement la construction que nous avons réalisée autour de lui ?
Vénus en Gémeaux : quand l’amour doit circuler
Avec Vénus en Gémeaux, aimer ne devrait surtout pas devenir une affaire trop lourde. La relation a besoin d’air. On parle, on rit, on sort, on découvre. La complicité intellectuelle et la possibilité d’échanger sont essentielles. Une personne brillante, curieuse ou simplement capable de faire rire peut exercer une attraction considérable.
Ici, les mots font partie de l’amour, réciter des poèmes à l’être aimé est tout aussi important que de faire des câlins – en parlant….
Il faut pouvoir raconter, commenter, questionner, partager. La rencontre des esprits peut même précéder largement celle des corps.
Mais cette nécessité de circulation peut rendre la répétition difficile à supporter. Lorsque tout devient prévisible, une impression d’enfermement peut apparaître. La curiosité se tourne alors naturellement vers l’extérieur, ne serait-ce que pour vérifier que le monde reste ouvert.
Il existe 2 manières de vivre cette Vénus en Gémeaux
1 – la manière cérébrale
Sauf démarche personnelle spirituelle, la sexualité sera cérébralisée, passé à la moulinette des explications du commentaire qui l’emporte largement sur la pratique. Le mental met le corps de côté.
On aura donc une sexualité légère et frivole sans implication du corps.
Un chemin spirituel qui intègre la sexualité permettra une ouverture vers l’extase authentique.
Si ce chemin privilégie le ciel au détriment de la terre, la sexualité sera problèmatique. Il y aura rejet des pratiques sexuelles, du coït. La relation génitale ne sera jamais à la hauteur de ce qui est espéré, toujours décevante et grossière.
2 – La manière romantique liée aux images, aux souvenirs, au monde intérieur.
La personne peut être très dynamique sur le plan sexuel, toujours à la recherche d’expériences neuves et nouvelles pour nourrir un perpétuel renouvellement. Cette sexualité s’ennuie vite. Il faut que les circonstances changent souvent. Elle apprécie les surprises, les situations extraordinaires, les lieux les plus impromptus. Sexualité curieuse qui aime découvrir plein de choses différentes mais n’implique pas beaucoup la personne qui trouve que faire l’amour n’est pas si important. Jeux badins, manière adolescente de considérer la sexualité.
Si la ou le partenaire apporte ces caractéristiques, la Vénus Gémeaux n’ira pas voir ailleurs. Sinon la personne peut facilement avoir deux histoires déclarées en toute tranquillité ou bien une histoire déclarée et une fantasmée.
Un homme peut attendre d’une femme qu’elle soit joueuse, lutine, variable, changeante. S’il trouve une femme Vénus en Taureau, ça va coincer….
On pourrait rapidement en conclure que Vénus en Gémeaux est incapable de stabilité. Ce serait une caricature.
La véritable question est plutôt de savoir comment introduire du mouvement à l’intérieur d’une relation durable.
Parce que la diversité n’impose pas nécessairement de changer de partenaire. Elle peut aussi se construire à deux.
Vénus en Cancer : aimer lorsque l’on se sent en sécurité
Vénus en Cancer nous conduit dans un univers beaucoup plus sensible. Ici, le sentiment est romantique et demande une forme de protection.
Féminité délicate de cristal avec un monde intérieur extrêmement riche qu’elle partagera avec son amant si elle se sent sécurisée.
L’eau c’est l’impressionnabilité et la réceptivité. C’est ce pourquoi cette féminité a besoin de protection. Quand elle s’ouvre à l’autre, elle fusionne et est extrêmement vulnérable. Sa plus grande peur est d’être abandonnée.
Il faut donc pouvoir faire confiance avant d’exposer ce qui est fragile. Ce qui peut apparaître de l’extérieur comme de la réserve ou de la distance cache une sensibilité considérable.
La relation se nourrit alors d’attentions très fines : se souvenir de ce que l’autre aime, prendre soin de lui, créer une atmosphère intime, protéger un espace commun.
La mémoire prend également beaucoup de place. Les objets, les lieux, les moments partagés peuvent devenir les dépositaires du sentiment.
Mais les textes consacrés à Vénus en Cancer montrent également une dualité intéressante. La recherche de sécurité peut côtoyer, parfois de manière beaucoup moins visible, un désir d’abandon à l’intensité du moment.
D’un côté, construire un espace rassurant. De l’autre, rêver d’une expérience débarrassée des précautions habituelles.
Quand elle a cette sécurité, cette femme peut lâcher sa sensibilité et on a alors une féminité débordante dont on ne peut imaginer l’existence. Elle devient bohême, invente des situations, dans le besoin de vivre l’instant.
Cette contradiction est précieuse à observer parce qu’elle rappelle que la sécurité affective ne doit pas devenir une forteresse. Protéger sa sensibilité est nécessaire. L’enfermer complètement finit par empêcher ce que l’on voulait justement protéger : la possibilité d’aimer.
L’homme porteur de Vénus en Cancer cherchera une femme aux petits soins, dépendante de lui, mère de toute une nichée de bambins, sans rechigner à la sexualité et devançant ses désirs.
Vénus en Lion : l’amour doit avoir de l’envergure
Avec Vénus en Lion, difficile de considérer l’amour comme une petite affaire discrète.
Cette femme est une reine, une impératrice qui règne sur l’homme, qui accorde ses biens faits.
Si la relation est stable, solide, si son partenaire admirable, elle se déploie en Feu, jalouse, tigresse, emportée, passionnée, une impératrice qui règne sur le cœur de l’autre et sait y faire pour l’attacher.
Il n’a pas intérêt à aller voir ailleurs. Pour se faire, elle donne tout d’elle-même.
Voilà une féminité qui s’exprime, domine. Culturellement, elle est mieux acceptée que Vénus en Bélier car elle est fidèle (culturellement, c’est bien…). On en a fait de modèles, des films, des romans.
Le sentiment engage quelque chose de la valeur que l’on accorde à soi-même, à l’autre et à la relation. Lorsqu’on aime, on veut pouvoir être fier de cet amour. L’autre est valorisé, soutenu, parfois littéralement placé sous les projecteurs. La générosité peut être considérable.
La relation possède également une dimension de reconnaissance. Il faut que l’autre voie. Qu’il comprenne. Qu’il reconnaisse la valeur de ce qui lui est donné.
La loyauté et la fidélité prennent alors une importance particulière. Il existe une certaine noblesse attendue dans la relation et ce qui est vécu comme mesquin ou déloyal peut provoquer une blessure profonde.
Le piège apparaît lorsque l’admiration devient une nécessité permanente.
L’homme qui a Vénus en Lion Cherche une partenaire brillante dans tous les domaines. Elle se doit d’être intelligente, ordonnée, efficace, combative avec une classe et un magnétisme hautain inaccessible au commun. Elle ne doit pas passer inaperçue.
Que l’on soit homme ou femme, aimer quelqu’un implique que cette personne nous regarde constamment comme un être extraordinaire. Elle ou il possède son propre centre, ses propres préoccupations et ses propres désirs et tout se tourne dans cette direction.
Vénus en Lion doit donc parfois apprendre que la valeur de l’amour ne se mesure pas uniquement à l’éclat qu’il renvoie.
Vénus en Vierge : entre maîtrise et abandon
Vénus en Vierge est probablement l’une des positions les moins faciles à résumer en quelques mots. Et c’est justement ce qui la rend intéressante.
C’est une féminité double, à double facette. C’est la Vierge sage et la Vierge folle de la tradition.
On appartient soit à l’une soit à l’autre de ces catégories, mais cela n’empêche pas d’être ambivalent, car quelle que soit la catégorie à laquelle on appartient, on rêve de l’autre.
La « Vierge sage », la plus répandue statistiquement car la plus facile à vivre dans notre société et très cérébrale, organisée, pratique, concrète, terre à terre. On fait l’amour de manière réglée car c’est bon pour la santé, pas trop souvent mais assez, avec un calendrier, prévu pour faire en sorte que ça se passe bien, fonctionnalité maximum.
Amante experte qui connaît de long en large comment faire, Cette femme cérébrale cache une partie animale qui se révèle ou pas selon l’éducation, mais qui se fantasme si elle ne se vit pas.
Dans cette autre facette de « Vierge folle », elle a une sensualité débridée, à fleur de peau, très animale, pulsionnelle, répréhensible par la société, donc cette facette du féminin a du mal à s’exprimer dans notre culture.
Féminité transgressive qui n’est pas gênée d’avoir un, deux ou trois amants. Sensualité qui ne peut être satisfaite par un seul homme (ça change selon le calendrier).
Toute la question de cette féminité est d’arriver à équilibrer le côté rationnel, pratique, concret et l’autre côté totalement irrationnel et pulsionnel en dehors des normes sociales.
C’est la première facette la plus connue car la plus facile à vivre socialement.
Femmes un peu coincée, intellectuelles qui passent tout à la moulinette mais avec une autre zone très différente. La femme devra faire un travail personnel pour entrer en contact avec cette part d’elle-même qui fait peur car en dehors des normes sociales. Le risque est de se juger anormale, dépravée, car en dehors des normes sociales. Quand elle est en contact avec cette zone d’elle-même, elle vit sa sensualité au moment où ça se déclare avec n’importe lequel ou laquelle. S’il ne se passe rien, qu’importe, ce n’est absolument pas cérébral.
Le défi est d’équilibrer, trouver des modes relationnels qui vont lui permettre de vivre ces deux parties d’elle-même, clé d’un véritable épanouissement.
La Vierge, c’est la Déesse Terre, Déméter de la tradition Grecque, c’est-à-dire toute la dimension pulsionnelle du corps que l’on retrouvera à travers Corée enlevée par Hadès, le Dieu des enfers (les enfers ont à voir avec la sexualité).
L’homme Vénus en Vierge est aux prises, selon sa capacité à appréhender le réel, avec ces deux types de femmes. Il lui faudra comprendre que c’est en lui que cela se passe et ne pas rejeter la faute de ses pulsions sur le féminin qui a déjà fort à faire dans notre contexte culturel.
Vénus en Balance : construire l’équilibre avec l’autre
Avec Vénus en Balance, l’autre occupe naturellement une place centrale. La relation est une recherche d’équilibre entre deux personnes différentes.
Il existe une attention importante à la manière dont l’autre nous perçoit et à ce qui peut créer une harmonie. Le charme, l’élégance, les comportements et la qualité des échanges participent à cette recherche.
Mais l’enjeu ne consiste pas seulement à plaire. Il faut également qu’il y ait équité.
Donner à l’autre, oui. Mais dans une relation où chacun est capable de reconnaître les besoins et la place de l’autre. La réciprocité devient essentielle.
Elle doit se sentir belle aux yeux de l’autre pour s’ouvrir. Il faut aussi des relations sociales. La sensualité ne s’ouvre pas dans l’intimité comme Vénus en Cancer. La sensualité s’ouvre en société et là, il y a la possibilité de sentir des affinités, une accroche, quelque chose se met en place, mais on prend son temps, on respecte un certain nombre de systèmes relationnels pour trouver une harmonie avec l’autre.
Quand l’harmonie est trouvée qu’il n’y a pas d’agressivité, quand c’est doux, le partage, la communion dans l’esthétique, le beau, le raffiné est possible et la sensibilité peut s’épanouir.
Autant Vénus en Lion peut être guerrière et se réconcilier sur l’oreiller, c’est encore meilleur après, autant Vénus en Balance ne supporte pas le conflit. La moindre dispute met fin à l’expression de la sensualité pour au moins 24h.
L’homme portant une Vénus Balance est doux et attentionné, il cherchera la femme avec qui il pourra aller au théâtre, au concert, lire des poèmes d’amour ensemble.
Vénus Scorpion : aimer implique
Avec Vénus en Scorpion, l’amour est rarement anodin. Il engage. C’est la passion.
Cette femme très fusionnelle a besoin de se consacrer à une relation et une seule.
Elle pourra s’épanouir dans le fait de se consacrer à un amour et un seul et d’explorer toutes les formes de sexualité existantes. Explorer les interdits, creuser jusqu’où aller au plus loin en termes de sexualité, toujours dans cette quête de disparaître dans l’autre.
Cette femme cherche tout dans une personne.
L’autre se doit d’être là. Il ne s’agit pas de correspondre à un certain nombre de critères de qualité comme pour Vénus en Lion, il s’agit de dévoiler tous ses secrets et particulièrement ses côtés moches. L’autre en face n’a pas forcément envie et elle va titiller jusqu’à tout savoir. Elle est prête à admettre toutes les faiblesses, mais pas à admettre que l’autre cache, car il n’y a plus de fusion possible. Il faut TOUT partager avec l’autre, que ce soit noir, moche, pas de soucis, il ne faut juste rien cacher. Le moteur est de disparaître dans l’autre ce qui est impossible si l’autre cache quelque chose.
Femme prise par ses émotions, ses humeurs, extrêmement intuitive, on ne peut lui cacher beaucoup très longtemps. Elle repère tout quitte à faire les poches, elle veut savoir.
Cela donne des relations passionnées.
Elle a besoin d’une relation qui dure pour creuser tous les côtés noirs de la relation car là, il y a de la vérité, de l’intensité. Ce ne sont pas de belles images.
Vénus Balance est très attachée à une image, Vénus en Scorpion s’en moque, ce qui l’intéresse est de se fondre dans l’être aimé et la sexualité est une manière privilégiée de disparaître dans l’autre.
Sexualité vive entreprenante qui ressemble à Vénus en bélier, mais beaucoup plus dans le côté psychologique : creuser aller là où personne ne veut aller.
Elle peut transgresser, aller dans des pratiques sado-maso, etc pour voir jusqu’où on peut aller et Vénus en Scorpion peut pousser le bouchon très loin.
Aimer suppose alors de supporter qu’une partie de l’autre nous échappe.
Vénus scorpion pour l’homme est ce qu’il attend d’une femme en tant que substitut de sa propre féminité mais sans connotation sexuelle. La sexualité de l’homme réside dans Mars.
Vénus en Sagittaire : entre aventure et idéal
C’est une Vénus de Feu à la sexualité qui s’enflamme mais plus complexe qu’une Vénus en Bélier ou en Lion car elle présente une dualité particulièrement intéressante.
Voilà une féminité à double facettes.
D’un côté, il y a une aspiration à inscrire l’amour dans un système de valeurs, un idéal ou un cadre bien balisé par le milieu social. De l’autre, il existe un besoin d’aventure, d’ouverture, de découverte, de mouvement.
Ces deux dimensions peuvent sembler contradictoires. Elles ne le sont pas nécessairement.
Si la féminité est liée au milieu social auquel elle appartient et auquel elle est très sensible, il faudra un de ces milieux adéquats pour vivre une sexualité épanouie, sinon rien ne se vivra. Il y a des critères sociaux, de comportement, d’habillements liés à l’éducation reçue et que l’on doit respecter, impliquant une sécurité qui permettra de se lâcher de manière convenable. Si elle entre en relation avec d’autres milieux, d’autres comportements, elle se ferme.
L’autre facette c’est l’aventurière qui part en bordée pour draguer, va voir les chippendales avec les copines ou se lâche totalement en voyage. Elle manifeste un côté animal extrêmement prononcée. On en a fait des films (Histoire d’Ô). Ce sont des archétypes reconnus dans l’humanité.
Elle montre un côté débridé comme la Vierge, mais avec une dynamique beaucoup plus chaleureuse, exposée, en vue, socialisée, que Vénus en Vierge. On va dans les bas-fonds, mais avec une certaine classe (typique Sagittaire)
Dans certains milieux sociaux dans lesquels c’est parfaitement admis et balisés, cette femme ne rencontrera aucune difficulté pour vivre sa sexualité. Si ce n’est pas le cas, elle va se trouver, comme Vénus en Vierge avec des jugements, toute une fantasmatique qui va se traduire en termes d’image intérieures ce qu’elle ne s’autorise pas à vivre à l’extérieur. Elle compensera en lisant des romans, ce qu’elle n’ose pas vivre de sa propre nature.
Elle est très aventureuse, aventurière, prête à partir avec le premier venu, à prendre un train sans savoir où il va.
Si elle peut vivre dans son couple cette dualité entre cette vie de femme socialement intégrée et, à l’occasion de vacances ou autres à l’aventure, elle pourra nourrir cette part de féminité en elle. Partir à l’aventure c’est aussi lorgner sur d’autres hommes pour une aventure justement.
L’homme Vénus Sagittaire tombera amoureux de l’aventurière, celle qui vient d’un horizon lointain, répandant autour d’elle des effluves exotiques.
Le danger consiste à imaginer que l’ailleurs sera toujours plus vivant que l’ici.
Il faut alors apprendre à construire l’aventure à l’intérieur même de ce qui dure.
Vénus en Capricorne : prendre l’amour au sérieux
C’est une Noble Dame à la féminité retenue, intériorisée, profonde, secrète, quelque peu froide au premier abord. Inutile de monter à l’assaut, c’est perdre son temps. Elle aura besoin avant tout d’être respectée et considérée comme un être humain. Cette notion de respect est centrale pour elle, sinon pas d’ouverture. Si le partenaire vise à la sexualité sans prendre en compte l’être de la personne, c’est fichu.
Tant qu’elle n’est pas au clair avec ses sentiments à l’intérieur, elle ne s’ouvre pas et reste dans la distance. Il lui faut du temps. Mais elle initie facilement une relation quand tout va dans le bon sens.
Elle vit une profondeur du sentiment et de la sexualité. Celle-ci n’est pas forcément très abondante, car quand Vénus Capricorne a fait le plein de l’intensité de la sexualité, cela va pour un moment. Elle est charnelle et intense, elle peut être pulsionnelle, animale et lascive, mais ce n’est pas tous les jours.
Elle rêve de pouvoir dire des choses de façon logique et rationnelle mais ce qui est vécu, c’est de la profondeur avec une imperméabilité totale aux frivolités.
Vénus en Capricorne invite peut-être à découvrir qu’une relation peut être sérieuse sans devenir austère, et profonde sans devoir constamment être maîtrisée.
Vénus en Verseau : aimer librement, mais réellement
Cette femme est très originale, ne fait rien comme tout le monde, elle surprend, est à part, spéciale et avant tout, libre. Les machos, circulez !!!
Elle développe un mode de relation qui accorde à l’autre la liberté et exige la sienne. Cela ne veut pas dire qu’elle va naviguer partout, elle va s’attacher, mais désire être libre, que l’autre ne lui impose pas sa manière d’être.
Rebelle contre la société, les images, la culture, c’est une femme libertaire qui vise un amour spirituel plutôt que passionnel, plus attirée par un amour fraternel que par une passion sexuelle. La sexualité existe, mais n’est pas le centre de la relation à l’inverse de Vénus en Scorpion pour qui la sexualité est le pilier de la relation.
Ce qui est au centre de la relation c’est le partage d’idées, de spiritualité, d’idéologies, de principes, de se sentir dans la même mouvance, le même courant culturel de contestation, d’innovation, de concepts émergeants (écologie, économie durable, etc…), participant en cela avec l’autre, l’amour s’ouvre.
Mais ce n’est pas un amour collé. Il y a l’importance du groupe de faire partie ensemble de groupes, de groupement. La relation sexuelle ne peut être cantonnée au couple. Il y a besoin de quelque chose de plus ouvert de plus vaste. S’il n’y a pas cette dimension universelle, spirituelle, d’alternatif dans la vie sentimentale, les relations ne durent pas et cette femme ira d’amants en amants sans réussir à se stabiliser car elle sera toujours à la quête de sa liberté. Libre et seule tant qu’elle ne comprendra pas que son besoin fondamental c’est d’être intégrée dans une mouvance et de vivre sa vie sentimentale dans cette mouvance.
Dans ce cas, il n’y a plus de problème car il y a ce partage d’idée qui éveille la sensualité de cette Vénus en Verseau.
L’homme aura facilement l’apparence d’un Don Juan immature, toujours à la recherche de cette femme d’exception.
Poissons : quand aimer signifie dépasser les frontières
L’eau du poisson donne à cette femme un caractère extrêmement perméable, intuitif, réceptif, magnétique, impalpable.
Il est question de la dimension vibratoire de l’amour. L’amour physique n’est pas passionnant autant que vibrer avec l’autre, pouvoir partager le monde de l’invisible avec l’autre, communier à travers une vibration commune. La sexualité peut être une modalité de partage de vibration.
Vénus Poissons est dans une dimension plus vaste que se focaliser sur une personne. Il faut une ouverture spirituelle : méditer ensemble, faire de la musique, vibrer ensemble, partager un champ énergétique.
Vivre l’Amour, c’est vivre une communion. La sexualité en fait partie, mais ça ne peut se résumer à cela. Il y a besoin d’un amour plus large. Amour de l’humanité qui amène souvent la personne à s’intéresser à des personnes en difficulté. Amour sacrificiel dans la quête de quelque chose de plus large justement.
Finalement ce n’est pas si facile à vivre pour une femme. Le risque c’est de faire la maman, l’infirmière, de se sacrifier pour l’autre avec rien en retour.
La personne sublime, elle peut renoncer à l’amour au profit de l’amour pour Dieu dans le rejet de l’amour humain qui n’apporte pas ce que la personne cherche.
La manière positive de vivre cette Vénus en Poissons est de partager une expression artistique ou un engagement spirituel avec l’autre. Ce qui évitera le piège du sacrificiel. Sinon, elle s’attache aux alcooliques, aux déglingués, aux fragiles psychologiquement pour vivre justement ce plus large.
Elle a besoin de s’imprégner de vibrations, le corps n’est qu’un moyen parmi d’autres. Le côté matériel du corps est vécu comme lourd et pesant, sauf s’il est vécu comme un lieu de réception de la sensibilité. On partage en faisant l’amour vers le divin. Ce n’est pas très physique mais ça n’exclut pas le physique qui doit s’intégrer à plus grand pour être acceptable.
L’enjeu consiste alors moins à aimer davantage qu’à apprendre à aimer sans disparaître.
Douze Vénus, mais certainement pas douze catégories d’êtres humains
Après ce parcours des douze signes, la tentation serait grande de chercher immédiatement celui de son partenaire, de ses anciens partenaires, de ses enfants ou de toutes les personnes qui nous entourent au risque d’une intrusion malvenue si elle n’est pas demandée.
La façon d’aimer en astrologie ne peut pas être entièrement contenue dans le signe de Vénus. Ce que ces douze positions permettent d’observer, ce sont plutôt douze grandes modalités. Douze manières d’approcher ce qui donne de la valeur au lien. Douze ensembles de conditions dans lesquelles le sentiment peut plus facilement trouver son expression.
Mais chacun arrive également avec son histoire. L’éducation, les relations vécues, les blessures, les apprentissages et les choix effectués au cours de la vie interviennent dans la manière dont cette disposition se manifeste ou ne peut se manifester.
Cela se joue aussi pour un homme. Vénus chez un homme peut être parfaitement inhibée ne serait-ce qu’à travers l’image de la femme chez son père. Si cette image de la féminité est renfermée, l’homme va attendre que la femme le soit. C’est son attente inconsciente.
Il voudrait relier consciemment avec une femme avenante et joyeuse, mais s’il attend une femme à problème en liaison avec son éducation, c’est ce qu’il trouvera en face de lui.
Ce n’est pas parce que nous avons une planète dans un signe qu’obligatoirement elle va s’exprimer. Mais ces caractéristiques sont là à l’intérieur de nous.
Et surtout, il reste tout le thème natal.
Pour comprendre Vénus, il faut revenir au thème natal
Une Vénus en signe ne doit jamais être interprétée seule. Il faut regarder son signe, sa maison, parce qu’elle indique dans quel champ de l’expérience cette fonction vient principalement s’inscrire. Les aspects nous plongent dans les méandres de notre éducation et les transits sont là pour nous permettre de remettre en question le scénario imposé depuis la naissance et nous donner l’opportunité de devenir qui nous sommes.
Le constitutionnel (planète en signe) est la manière dont on est fabriqué. Mais un signe a de nombreux niveaux de vécus possibles qui orientent la signification de la planète dans ce signe de manière parfois totalement inverse.
Telle une maison dont la forme est stable, mais ce qui change avec le temps, c’est comment nous vivons dans cette maison.
Il faut également comprendre les autres fonctions du thème et les éventuelles contradictions qu’elles introduisent. C’est justement ce qui rend l’étude astrologique intéressante. Nous sommes pétris de contradictions.
Une partie de nous peut rechercher la sécurité quand une autre exige de la liberté. Nous pouvons avoir besoin d’intensité et simultanément redouter la dépendance. Nous pouvons rêver d’une relation stable tout en étouffant dès que celle-ci devient trop prévisible.
Le thème natal permet d’observer comment ces différentes tendances s’organisent. Il ne nous enferme donc pas dans une définition. Il met en évidence une structure.
Connaître sa Vénus pour mieux comprendre ce que l’on appelle « aimer »
La position de Vénus dans votre thème natal ne vous dira pas avec qui vous devez vivre. Elle ne vous dira pas si votre couple va durer. Elle ne permettra pas davantage de décider si deux personnes sont « faites l’une pour l’autre ». Ce serait demander à l’astrologie ce qu’elle ne peut pas sérieusement fournir.
En revanche, Vénus permet de poser des questions beaucoup plus intéressantes.
- Qu’est-ce qui me permet de reconnaître que j’aime ?
- De quoi ai-je besoin pour laisser le sentiment se développer ?
- Qu’est-ce que j’attends de l’autre sans toujours en avoir conscience ?
- Comment est-ce que je manifeste mon attachement ?
- Et surtout : quelle différence existe-t-il entre ma manière d’aimer et celle de la personne qui se trouve en face de moi ?
C’est à cet endroit que l’étude de Vénus devient un véritable outil de connaissance de soi et de compréhension de la relation. Pas un oracle. Pas une recette permettant de trouver le partenaire idéal. Un outil de lecture.
Et si l’on souhaite aller plus loin, il devient alors nécessaire de quitter la seule Vénus en signe pour étudier sa place dans l’ensemble du thème natal. C’est précisément l’objet d’une consultation en Astrologie Structurale : comprendre non pas un élément isolé, mais la structure particulière dans laquelle il vient prendre sens et un parcours de vie dont l’issue est toujours en devenir.